« Les mentalités doivent changer »
L’invitée de la semaine : Nicole Bouteau, la présidente de No Oe E Te Nunaa est revenue sur sa décision de ne pas s'allier entre les deux tours des territoriales et sur l'instabilité politique actuelle. Elle s'est aussi longuement exprimée sur sa nouvelle vie à la mairie de Papeete, en qualité de quatrième adjointe au maire.
Nicole Bouleau était l'invitée de l’émission
"À vous là parole !", hier sur
Radio 1. Interrogée par Serge Massau, elle est revenue sur l’actualité politique locale des derniers mois.
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Pas d'alliance entre les deux tours des territoriales : « Aucun regret »
Nicole Bouteau a indiqué ne nourrir « aucun regret » après un refus d'alliance entre les deux tours des territoriales qui lui aurait permis d'obtenir une représentativité à l'assemblée. « La seule proposition concrète venait du Tahoeraa, et nous avons refusé l'alliance, » a rappelé Nicole Bouteau qui est aussi revenue sur sa rencontre infructueuse avec Gaston Tong Sang. Mais cela n'empêche pas le parti d'être « présent dans les discussions avec le Pays ou l'État ». Un parti qui se veut toujours « une force de proposition ». Nicole Bouteau a également indiqué que « dans le cadre de l'ancien mode de scrutin, No Oe E Te Nunaa aurait obtenu 2 sièges », avec un score de 7% « en partant seul ».
Réforme statutaire : « Du sparadrap »
L'invitée de Radio 1 a fait part de sa déception au sujet de la réforme statutaire. « Du sparadrap », selon elle. « La Polynésie a loupé le coche au moment du vote de la réforme statutaire. Le calendrier des élections nous a été imposé. Nous pensons que l'avenir ne peut être envisagé sereinement sans la présence de l'État, mais l'État doit jouer le rôle de l'impartialité. » Certains ministres de l'Outre-mer « ont pu », selon Nicole Bouteau « s'ingérer » dans la politique de la Polynésie, une manière de revenir sur le coup de téléphone que Christian Estrosi lui avait passé pour lui demander de s’allier avec To Tatou Ai'a entre les deux tours.
Instabilité politique : « La population victime de la boulimie de pouvoir de certains »
Nicole Bouteau a vivement dénoncé « la boulimie de pouvoir de certains élus politiques ». Selon elle, « la population en est victime depuis 2004 ». « Les mentalités doivent changer », a insisté la présidente du parti qui en appelle à un renouvellement de la classe politique « Quand No Oe E Te Nunaa va à la rencontre des jeunes et leur explique que leur voix compte, ils nous rient au nez » s'est indigné Nicole Bouteau, qui est apparue pessimiste quant à la marge de manœuvre du nouveau gouvernement « qui sera jugé sur sa capacité à maintenir sa majorité, pas sur ses actions ». Quant à l'arrivée de Louis Frébault en qualité de ministre de l'Équipement après s'être entretenu avec les instances du Tahoeraa, c'est un exemple du « chantage perpétuel » dans la classe politique. Et de s’interroger sur qui sera le prochain à en user.
Développement économique et social du Pays : « Un plan d'urgence économique »
Nicole Bouteau plaide pour la mise en œuvre d’« un plan d'urgence économique » et souhaite la tenue d'une table ronde entre le Pays, l'État, et les municipalités. Et si pour elle, le retour du Contrat de projets est « une bonne chose », « la Polynésie ne peut pas continuer à s'appuyer que sur les transferts de l'État, mais doit créer des richesses personnelles »,
L'avenir de No Oe E Te Nunaa : « Des cadres référents »
Le parti qui vient de fêter ses 5 ans « n'est pas en sommeil ». Après 7 campagnes électorales « la tête dans le guidon », No Oe E Te Nunaa qui a joué « un rôle dans la libération de la parole en Polynésie », a des projets. Sur la base du modèle anglais des shadow cabinet, sa présidente souhaite voir naître au sein de son parti « des cadres référents » dans les domaines du social, de la culture, de l'environnement. Une manière de faire émerger de nouvelles têtes, et il semble qu'il n'en manque pas chez No Oe E Te Nunaa. On en saura plus au terme de l’assemblée générale du parti qui se tiendra le 10 juin, notamment sur une politique de décentralisation au sein même du parti.
Sa nouvelle vie à la mairie : l'enthousiasme de l'enjeu local
C'est une Nicole Bouteau très enthousiaste qui a évoqué sa nouvelle vie de quatrième adjointe à la mairie de Papeete, en charge du Tourisme, des Relations extérieures et des Transports, au sein d'une équipe communale d'ouverture, souhaitée par le maire Michel Buillard. « C'est une action de construction. On ne parle pas politique dans le conseil municipal, mais proximité et amélioration de la vie quotidienne pour les administrés. » Un enthousiasme qui n'a, semble-t-il, rien à voir avec le montant de son indemnité qu'elle a révélée en direct : 80 000 Fcfp. Et ses projets sont nombreux. En matière de développement touristique, elle souhaite la mise en place de signalétiques pour des parcours dans la ville jusque dans les vallées et la création d'un syndicat d'initiative. Sur les transports, Nicole Bouteau qui « croit beaucoup au principe de développement durable » aimerait que Papeete fasse figure de « précurseur » en participant à la journée de la mobilité au mois de septembre et compte sur un développement des transports en commun en partenariat avec le Pays. En outre elle a insisté sur la question de « l’urbanisme commercial » nécessaire en prévision de l'ouverture de centres commerciaux coté ouest. Enfin, il a été question du jumelage de la ville de Papeete. Michel Buillard doit dans les semaines qui viennent, annoncer les noms de ces villes, Nicole Bouteau a indiqué qu'il s'agissait d'une ville asiatique et d'une ville « de l'hexagone ».
Les déclarations "anti-chinois" : « Des dérives liées à l'instabilité politique »
Un auditeur a souhaité connaître la position de Nicole Bouteau qui jusque-là n'avait pas réagi. Elle a donc livré son analyse. Après
« plusieurs décennies d'un débat politique autonomie indépendance, un débat stérile (…), on glisse vers un débat communautaire ». Insistant sur la
« richesse ethnique » de la Polynésie, elle a dénoncé
« des dérives liées à l'instabilité politique ».
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