Ingrid Betancourt, franco-colombienne, entre dans sa cinquième année de captivité, elle a été kidnappée par les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie, une guérilla d’extrême gauche qui, avec les groupes paramilitaires d’extrême droite, ont fait des enlèvements le moteur principal de leur action politique.
No Oe E Te Nunaa salue le combat d'une femme intègre et
courageuse qui a été plébiscitée par les Colombiens en devenant députée
et sénatrice en 1998. Candidate à l'élection présidentielle en 2002
pour le parti des verts Oxygène, Ingrid Betancourt défendait des
valeurs fortes et apportait à son peuple un espoir, celui de voir la
violence généralisée enfin combattue.
Elle était cette voie médiane, ce recours populaire entre guérilla
d'extrême gauche et escadrons de la mort d'extrême droite qui
s'affrontent depuis des décennies sur le continent sud américain.
Cette femme, nourrie
des écrits plein d'espoir de Pablo Neruda et de Gabriel Garcia Marquez
portait les espérances de tout un peuple : avec elle, tout pouvait
enfin changer en Colombie !
Son engagement total en faveur des valeurs de paix et de démocratie, sa
lutte sans concessions contre l'injustice sociale, la corruption et les
narcotrafiquants la rendait dangereuse pour ceux qui profitent de la
guerre civile. Elle a ainsi rejoint le cortège des 3 000 anonymes
gardés captifs par les groupes armés colombiens.
Nous n'avons pas de nouvelles d'Ingrid Betancourt depuis de nombreux
mois. Il faut dire que si elle est toujours prisonnière à l'heure
actuelle, la faute en est autant à ses ravisseurs, les FARC, qu'au
président colombien d'extrême droite Alvaro Uribe. Ce président élu par
défaut, n'a jamais voulu négocier la libération d'Ingrid Betancourt car
il sait que libre, elle constituerait le plus dangereux de ses
adversaires politiques.
Alvaro Uribe, profite aujourd'hui de la division de la gauche pour
faire modifier la constitution colombienne afin de s'autoriser un
second mandat présidentiel jusqu'ici interdit par la loi. Uribe représente
pour la guérilla la pire des alternatives et les négociations avec les
milices paramilitaires s'avèrent donc très difficiles.
No Oe E Te Nunaa se joint à la solidarité internationale pour
soutenir la libération d'Ingrid Betancourt et de son amie dont le
combat, comme celui de la birmane Aung San Suu Kyi, est le nôtre, celui
de tous ceux pour qui la voix des peuples doit primer sur les
multinationales de l'argent et de la drogue.
 Aung San Suu Kyi
La voie des solutions
est étroite et pour l'instant le seul espoir vient de la médiatisation
qui pourra être faite de la détention d'Ingrid Betancourt pour que les
responsables politiques restent mobilisés, tentent par la diplomatie de
parvenir à la libérer, comme l'ont permis les démarches ayant notamment
conduit à la libération des Français Florence Aubenas, et Hussein
Hannoun, dans des conditions très difficiles en Irak.
No Oe E Te Nunaa en appelle à tous afin de soutenir l'action internationale en rejoignant notamment les sites de soutien à Ingrid Betancourt : http://www.ingridbetancourt-idf.com et http://ingridlibre.skyblog.com, ainsi qu'en signant la pétition en ligne.
Le Conseil exécutif du No Oe E Te Nunaa.
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