Le
député UDF Jean-Christophe Lagarde effectue un séjour de deux jours à Tahiti
pour soutenir la candidature de François Bayrou à l'élection présidentielle.
Conférence de presse, réunions publiques et rencontres sont au programme de
l'élu centriste venu soutenir le comité polynésien de soutien du candidat. Il livre ici son constat de la situation polynésienne.
LE CONSTAT
La France connaît une
situation nationale grave résultant du partage du pouvoir et de la guerre des
blocs gauche/droite depuis 25 ans. Une France lourdement endettée (1200
milliards d'Euros). Une dette générée par le fonctionnement et qui sera payée
par nos enfants.
Alors qu'il avait reçu la
confiance de 82% des français en 2002, Jacques CHIRAC (JC) n'a pas mis en œuvre
la politique de réconciliation nationale que François BAYROU (FB) lui avait
immédiatement réclamé en mettant notamment en place un gouvernement d'union
nationale. De l'autre coté du Rhin, bien que la situation était plus difficile,
les allemands on su s'unir, gouverner et travailler ensemble au service de leur
pays. Les résultats sont époustouflants, alors pourquoi cela ne serait-il pas
possible en France alors que c'est la condition de la réussite de développement
économique qui est mise en œuvre dans la quasi-totalité des pays d'Europe, à
l'exception de la France ? FB veut réunir les français dans un nouveau
pacte présidentiel.
Aujourd'hui les deux blocs
ne disent pas la vérité aux électeurs.
Bien que la situation soit
difficile, FB mettra en France les conditions politiques républicaines et
démocratiques qui permettront à la richesse de son peuple de s'exprimer. De
sortir d'un jeu politique d'un autre temps qui sclérose le pays, qui menace la
cohésion nationale. Il réunira les savoirs faire et les dynamismes de ceux qui
dans les deux camp pensent la même chose mais ne le disent pas, victimes des
appareils politiques. Ceux qui veulent travailler ensemble pour la France dans
le cadre d'un renouveau du paysage politique. Ceux qui veulent gouverner pour
le peuple et avec le peuple.
François BAYROU est venu
deux fois en Polynésie en deux ans.
Fidèle à ses principes, il a rencontré
les habitants pour comprendre leurs préoccupations et leurs aspirations. Il connaît
les polynésiens. Homme simple, de la terre, chrétien convaincu et père de
famille à dimension humaine, il sera le président de tous les français et de
tous les polynésiens. Il est choquant de constater que les deux autres
principaux candidats à la Présidence de la République ne soient jamais venus en
Polynésie.
Une situation locale
inquiétante
Le constat de FB est simple. Ici
peut-être plus qu'ailleurs, l'état français n'a pas été impartial. Il n'a pas
honoré les engagements républicains de la France qui se doivent d'être au
service de tous les citoyens et non d'un seul clan. Cela a conduit à une
situation d'affrontement Tahoeraa/Tavini dont l'UMP est responsable, prenant de
fait le risque qu'une partie de la population choisisse la voie de
l'indépendance. Bien que cette voie prônée par
Oscar TEMARU (OT) soit respectable, pour FB elle n'offre aucune perspective
aux populations de polynésie.
D'un coté le Tahoeraa et
Gaston FLOSSE (GF), qui prône à l'instar de papa CHIRAC le retour de papa
SARKOSY. On sait en quoi cela résultera. La politique des copains, le
clientélisme électoral, la distribution de faveurs, notamment financières, au
détriment des plus pauvres bien sur. Jean-Christophe LAGARDE (JCL) prend
l'exemple il y a quelques années de sa rencontre avec GF qui se vantait
ouvertement de distribuer lui-même en bon père du peuple les logements sociaux
sur des critères dont il était le seul dépositaire. Cela qui est interdit par
les lois de la république (JCL est maire de DRANCY, commune éminemment
populaire avec de nombreux logements sociaux ou de telles pratiques sont
impossibles). Dénoncé par la cour des comptes, ce système clientéliste n'est
plus acceptable.
D'un autre coté l'UPLD, le
Tavini et OT. De retour de France après avoir rencontré Ségolène ROYAL (SR), OT
déclare qu'il soutiendra sa candidature aux élections présidentielles. Alors
qu'OT a toujours demandé à ses partisans d'aller à la plage lors des scrutins nationaux,
qu'elle est la cause soudaine de se revirement ? Y aurait-il un pacte, un
accord secret entre OT et SR ? Lui a-t-elle promis l'indépendance dont il
a fait son dessein depuis tant d'années ? Il y a bien là un réel danger
pour la polynésie. OT n'a pas tenu parole. Alors qu'il s'était fait élire sur
un programme qui repoussait la question de l'indépendance à des critères
économiques à 15 ou 20 ans, il n'a eu de cesse de la prôner dès son accession
au pouvoir et durant tout son mandat. SR tient quant à elle des propos ambigus sur l'indépendance. Tout
cela est dangereux.
Les deux camps, SARKOFLOSSE et
SEGOSCAR (termes utilisés par Philippe SCHYLE) proposent la même politique,
celle des copains et des copines. Ils ne disent pas la vérité aux électeurs polynésiens
(dont ils font peu de cas d'ailleurs). Ce n'est pas cela l'état impartial. Des
deux cotés, il n'y aura pas d'état impartial et un des deux camps sera favorisé,
ce qui est inacceptable au sein de la république.
L'état doit assumer ses
responsabilités et garantir son rôle d'arbitre
Ici l'état n'a pas joué son
rôle d'arbitre, il a été joueur dans un des deux camps. Cela n'est pas
admissible. FB veut rétablir l'état républicain et démocratique en polynésie.
Il croit en la grandeur de la France en général, et dans le pacifique en
particulier. Il est convaincu du potentiel de la Polynésie pour l'incarner,
riche de son patrimoine naturel, de ses populations, de leurs cultures et de
leurs langues. Une Polynésie ou l'état se doit de mettre en place des règles et
des conditions d'impartialité politique et de stabilité des institutions qui permettront
à la société civile d'exprimer tout son potentiel et son dynamisme. La
Polynésie dispose de richesses et d'atouts qui attendent d'être protégés et mis
en valeurs.
FB est le seul candidat en
mesure d'être élu président de la république à même de garantir concrètement
cette impartialité et cette nouvelle dynamique au service de tous les citoyens
polynésiens au sein d'une grande nation qui respecte et valorise les
différences des populations d'outre-mer.
LES ENGAGEMENTS
POUR LA POLYNESIE FRANÇAISE
1) Un état républicain et
impartial
a) Des institutions et
un gouvernement stables.
Face à des difficultés
structurelles il est impératif de garantir la stabilité politique afin que les
entreprises, les syndicats et tous les citoyens puissent s'investir pleinement
et en toute confiance dans l'avenir de leur pays.
Elu président, FB viendra en
Polynésie pour inscrire le dialogue et la concertation avec toutes les forces
vives du pays pour garantir cette stabilité et plus de démocratie. Les règles
devront être définie et acceptée démocratiquement par tous dans le cadre d'un
grand débat citoyen.
Engager la concertation sous
l'égide de la responsabilité de l'état dans un cadre de décision concertée. Rien
ne sera imposé, si les polynésiens le souhaitent, elle débouchera sur une réforme
démocratique du statut d'autonomie de la Polynésie française conforme aux
demandes de leur gouvernement et de l'Assemblée de la Polynésie Française.
b) Des transferts financiers
pérennes pour le développement économique.
L'instabilité politique a
généré une instabilité économique. Le gouvernement de FB garantira la stabilité
à 10 ans des transferts de l'état en les contractualisant afin qu'ils soient
honorés quelque soit le gouvernement choisi par les polynésiens. C'est la
condition essentielle à la confiance rétablie auprès des investisseurs, des
syndicats et des citoyens pour assurer un renouveau économique.
Adoption d'un nouveau contrat
de financement à 10 ans pour la Polynésie française orienté prioritairement
vers la politique de l'emploi et le développement économique.
2) Une meilleure
représentation de la Polynésie dans la république et dans l'Europe
c) Un troisième député
pour la Polynésie française.
La diversité des populations
polynésiennes et de leurs spécificités doit être mieux représentée au niveau
national. Proche du ratio de 1député pour 100 000 habitants la PF doit
bénéficier de trois représentants à l'assemblée nationale. Le découpage
électoral doit être adopté sur la base de la Polynésie économique sociale et
culturelle.
Attribution d'un troisième
député pour la Polynésie française et découpage harmonieux des
circonscriptions électorales représentatives de la diversité économique,
sociale et culturelle sur la base : 1 député pour la zone urbaine de Tahiti,
1 député pour la zone rurale et 1 député pour les îles.
d) Une double
décentralisation.
L'essentiel de la
décentralisation de l'état bénéficie à Tahiti au détriment des îles. FB
souhaite que plus d'autonomie soit accordée aux îles et aux zones rurales. Les
communes doivent trouver en Polynésie la même place que celles dont elles
disposent en métropole, c'est une responsabilité directe de l'état.
Soutenir la décentralisation de
Tahiti vers les archipels en complément de la décentralisation de l'état vers
la Polynésie. Les communes doivent pouvoir pleinement exercer leurs missions
dans le cadre de la réforme communale appliquée à la Polynésie.
e) Un député européen
pour la zone pacifique.
L'outre-mer français ne
dispose pas de député européen spécifique à la zone pacifique. Cette vaste
région du monde se trouve donc exclue de la représentation de la communauté
européenne qui est pourtant un véritable enjeu pour le futur de son développement.
L'outre-mer français représenté
au parlement européen par trois députés : 1 pour l'océan atlantique, 1
pour l'océan indien et 1 député européen pour l'océan pacifique.
3) Un renouveau du
développement économique
f) Le soutien des PME
FB prône l'égalité économique
entre la métropole et les outres mers. A l'instar des son programme économique
national il entend faire porter les efforts sur le tissu économique le plus
dynamique : les PME.
Favoriser la création d'emplois en
proposant l'adaptation à la Polynésie du dispositif de deux emplois nouveaux
sans charges pour les entreprises. L'état proposera de prendre à sa charge les
cotisations CPS pour ses deux nouveaux emplois.
g) La défiscalisation
au service des secteurs économiques porteurs
La Polynésie dispose
d'importantes richesses naturelles qu'il convient de protéger et de mettre en
valeur.
Développer les secteurs
économiques porteurs des énergies renouvelables, du tourisme et des économies
agricoles par un nouveau dispositif de défiscalisation. La base de
défiscalisation sera élargie par l'autorisation des Fonds Communs de Placements
(FCP) destinés à cet effet pour l'outre-mer.
4) Une plus grande justice
sociale
h) Une véritable
politique du logement social
Il n'y a pas de véritable
politique du logement social à tarif et conditions d'attributions sociales en
Polynésie française. Le dispositif de défiscalisation est essentiellement
orienté vers l'hôtellerie de luxe. L'argent de la défiscalisation doit être mieux
utilisé au profit du secteur du logement social.
Réorienter le système de
défiscalisation vers le logement social a hauteur de 10 à 15%
supplémentaire par rapport à l'existant. Baisser le plafond des loyers
pour atteindre des tarifs sociaux. Mettre en œuvre une politique sociale
transparente d'attribution des logements sociaux.
i) L'égalité des
chances par l'éducation
Les jeunes sont les décideurs de
demain. L'éducation est une priorité nationale.
Évoluer vers un système
éducatif adapté à la Polynésie. Améliorer les moyens de l'université.
Renforcer le système de validation des acquis.
j) Une double
continuité territoriale
En matière de continuité
territoriale, aujourd'hui on aide plus la corse que l'outre-mer. Pourtant qui
en a le plus besoin ? JCL a récemment fait adopter un amendement
inscrivant la continuité territoriale dans le sens métropole/outre-mer. Les
moyens doivent être débloqués. Il en va de même pour les télécommunications.
Renforcer les dispositifs de
continuité territoriale dans les deux sens : outre-mer/ métropole et métropole/outre-mer.
Etendre le principe aux télécommunications.
5) Reconnaître les langues
polynésiennes et promouvoir la culture
k) La reconnaissance
des langues régionales dans la constitution française et la ratification de la
charte européenne des langues régionales ou minoritaires
FB et Jean LASSALES parlent
béarnais à l'assemblée nationale. Ils savent donc parfaitement de quoi ils
parlent ! La reconnaissance des langues régionales est un combat de longue date mené à
l'assemblée nationale par FB. Il faut casser l'idée que les langues régionales
portent atteinte à l'unité de la nation, bien au contraire elles sont la
richesse de la nation. Cette reconnaissance est le préalable indispensable au
renouveau culturel polynésien.
Modifier l'article 2 de la
constitution française et ratifier la charte européenne des langues régionales
ou minoritaires. Permettre la prise d'actes administratifs et judiciaires
en langues polynésiennes.
La visite de Jean-Christophe Lagarde relaté par TahitiPresse (www.tahitipresse.pf) :
Le
député UDF Jean-Christophe Lagarde effectue un séjour de deux jours à Tahiti
pour soutenir la candidature de François Bayrou à l'élection présidentielle.
Conférence de presse, réunions publiques et rencontres sont au programme de
l'élu centriste venu soutenir le comité polynésien de soutien du candidat.
Arrivé
vendredi à 4h du matin à l'aéroport de Tahiti Faa'a, Jean-Christophe Lagarde
n'a pas chômé. Dès 9h, il a immédiatement débuté son programme de visites et de
rencontres avec une conférence de presse. Estimant que 'la situation est
grave", le député a tout de suite voulu faire le parallèle entre les deux
situations, la nationale et la locale, dans lesquelles l'on peut remarquer un
"affrontement" entre deux blocs qui, pour lui, ne considèrent la
Polynésie française que "comme un instrument électoral". Le député
souligne qu'aucun des deux candidats de l'UMP ou du PS n'est venu en Polynésie
française, un état de fait qu'il trouve pour sa part "choquant". A
contrario, indique-t-il, "François Bayrou y est venu deux fois en deux
ans".
"Rétablir
un état impartial, condition du développement économique"
Jean-Christophe
Lagarde est venu tout d'abord exposer quelques points du programme du candidat
du "centre", un programme auquel souscrivent Philip Schyle (Fetia
Api) et Nicole Bouteau (No Oe e Te Nunaa), présents au côté du député tout au
long de son séjour. Il a assuré tout d'abord que François Bayrou élu président
de la République "rétablirait en Polynésie française un Etat républicain
et démocratique, un Etat impartial, qui puisse garantir des institutions
stables et un gouvernement stable". Et le député de pointer du doigt les
conditions, selon lui, "non démocratiques" de la mise en place du
statut de 2004 et de sa fameuse prime majoritaire. Cette impartialité de
l'Etat, aux antipodes d'une relation de "copinage", est pour le
député un préalable nécessaire au redémarrage de l'économie polynésienne dont
les difficultés sont "amplifiées par les retournements politiques permanents".
Continuité
territoriale et décentralisation
Jean-Christophe
Lagarde a ensuite évoqué quelques propositions du candidat Bayrou pour la
Polynésie française. Concernant l'emploi, il a rappelé qu'ici - comme en
métropole - celui-ci favoriserait le développement des petites entreprises en
leur permettant, notamment, de créer deux emplois avec des charges limitées à
10 % (cotisations retraite). Le candidat centriste propose aussi de revoir la
défiscalisation en permettant à des petits revenus métropolitains de financer des
programmes de logements sociaux polynésiens. La continuité territoriale doit
également être revue et aménagée aussi en faveur des résidents ultramarins en
métropole. "Il faut casser l'idée que la reconnaissance des langues
régionales soit une atteinte à l'unité nationale", a défendu
Jean-Christophe Lagarde en rappelant que "François Bayrou est Béarnais et
parle le béarnais". Ce qui vaut, bien entendu, pour les langues
polynésiennes qui devraient être reconnues dans les actes administratifs. Le
député a aussi parlé de l'instauration d'une véritable décentralisation des
archipels par rapport à Tahiti en "remettant les communes au coeur de
l'action publique". "Vingt-cinq ans après la mise en place de la
décentralisation en France, les communes de Polynésie française ne sont
toujours pas considérées comme majeures", a-t-il souligné.
Il
a évoqué également une représentation du Pacifique au Parlement européen et la
possibilité d'élire en Polynésie française un troisième député à l'Assemblée
nationale à partir d'un nouveau découpage électoral: zone urbaine de Tahiti,
zones rurales et archipels. Jean-Christophe Lagarde a rappelé, enfin, que
François Bayrou s'est engagé pour un "développement durable" et que,
premier candidat à avoir signé le pacte pour l'écologie, il entendait créer un
poste de vice-Premier ministre chargé de l'Ecologie.
Une
alternative à "Sarkoflosse et Ségoscar"
Précisant
que le candidat Bayrou avait une véritable volonté de "briser le carcan
qui paralyse la vie politique", française et polynésienne du fait de la
bipolarisation UMP/PS et Tahoeraa/Tavini, M. Lagarde s'est dit inquiet, d'une
part du "pacte" établi entre Ségolène Royal et le Tavini (composante
indépendantiste majoritaire de l'UPLD) et, d'autre part d'"un nouveau coup
de pouce donné à Gaston Flosse, si Nicolas Sarkozy était élu. Une inquiétude
partagée par Philip Schyle qui a parlé de "Sarkoflosse et de
Ségoscar", pour décrire le "système" en place et renchérir sur
l'expression de M. Lagarde parlant d'une "longue laisse" entre Paris
et la Polynésie française. Et parlant de la relation du président de la
République avec la Polynésie française, Jean-Christophe Lagarde, sans nommer
Gaston Flosse, a expliqué que pour le candidat Bayrou, celui-ci "ne doit
pas être le frère du premier des Polynésiens, mais l'ami de tous les
Polynésiens". Il n'a pas été plus tendre pour l'alliance Royal/Temaru:
"Quelle promesse Ségolène Royal a-t-elle faite à Oscar Temaru, leader du
parti indépendantiste Tavini? Lors des élections de 2002, celui-ci avait demandé
à ses électeurs d'aller à la plage !"
François
Bayrou veut "casser le système politique qui verrouille le fonctionnement
d'une véritable démocratie", a enfin expliqué M. Lagarde, qui estime que
les Français sauront donner une majorité présidentielle aux élections
législatives si François Bayrou est élu.
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