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Accueil Élections Territoriales Questionnaire No To'u Fenua - Nos réponses

24

Jan

2008

Questionnaire No To'u Fenua - Nos réponses PDF Imprimer Email

L'association No To'u fenua nous a adressé un questionnaire portant sur le thème du développement durable.

Note : à l 'origine, le questionnaire ne permettait de ne répondre que par oui ou non. Devant la complexité de ces problématique, nous avons préféré développer un peu nos réponses, tout en restant concis.

1   Nous demandons la mise en place d'un ministère du Développement durable, transversal et ayant autorité sur les autres ministères  

Le gouvernement que vous formerez l'instituera-t-il ?

Oui. Il s'agit de la manière la plus efficace d'insuffler les principes du Développement durable dans un Gouvernement et ses Services. Mais ce n'est pas le seul et les Communes, par exemple, ne doivent pas être oubliées dans ce processus.

 

2   Nous demandons la création d'un véritable corps de « police verte » (interaction fonctionnelle commune-pays) à même de relever et de sanctionner pollutions, nuisances sonores, extractions sauvages, etc.... 

La mettrez-vous en place et lui en donnerez-vous les moyens ?

Oui. Il s'agit du seul moyen pour appliquer le principe du pollueur/payeur (principe datant de 1975 !).

 

3   Nous demandons à ce que les associations deviennent de véritables partenaires dans les processus de prise de décisions en matière de développement durable (environnement, économie, société, culture)

Vous engagez-vous à les consulter et à tenir compte de manière transparente de leurs avis ?

Oui. C'est déjà le cas de manière globale à travers le CESC où par contre le poids de l'environnement est bien trop faible (et donc un équilibrage est nécessaire, comme cela et envisagé pour le CES en France). D'une manière générale, les associations sont un acteur essentiel de la démocratie participative, et donc à consulter dans tout projet de développement.



4   Nous estimons qu'une véritable stratégie de développement durable incluant une synergie des acteurs (institutionnels,  économiques, associatifs) et des moyens, doit favoriser la mise en place d'une pédagogie adaptée.
     Êtes-vous favorable à la mise en place d'un centre pilote, également lieu de rayonnement écoculturel et de dynamisme économique?

Oui. La formation continue, les Agenda 21, etc. sont des processus indispensables. Et la "nouveauté" de certaines approches nécessite une pédagogie adaptée, donc des processus de formation et d'accompagnement technique.

 

5   Il existe une taxe « verte » qui rapporte 2,5 Milliards Fcfp/an. Nous demandons son affectation intégrale et transparente à des actions en faveur de l'Environnement 

Vous engagez-vous à le faire ?

Oui. La TEA est actuellement dédiée à la préservation de l'environnement et à l'agriculture. Le principal reproche que l'on puisse lui faire est d'être versée au budget général, ce qui ne garantit pas son affectation à ces secteurs.

 

6   Il existe désormais une loi métropolitaine de taxation « malus-bonus » sur les véhicules, en fonction de leur taux  de pollution, et en application de la clause "pollueur-payeur"   

Proposerez-vous une "loi du pays" permettant son application en Polynésie française ?

Oui. Le principe d'incitation ET de contrainte est le plus susceptible de générer une modification des comportements. Leur application doit cependant être progressive de manière à garantir une neutralité des coûts pour la Communauté. Dans le cas présent, il s'agit d'un procédé qui a un impact local fort (amélioration de la qualité de l'air donc diminution des affections respiratoires) et un impact global (participation à la maîtrise de la production de gaz à effets de serre).

 

7   Nous demandons une vigilance renforcée vis-à-vis des produits importés polluants et/ou non recyclables ainsi qu'un contrôle phytosanitaire efficace de l'introduction de plantes et d'animaux.    

Vous engagez-vous à faire appliquer correctement les textes existant et à les renforcer si nécessaire ?

Oui. Mais il s'agit de deux choses différentes. Nous avons prévu des systèmes permettant d'inciter les importateurs à infléchir le choix de leurs produits vers ceux ayant le moins d'impact nuisible pour la Communauté. En ce qui concerne le danger extrême d'espèces susceptibles d'être introduites, les système de contrôle dans les aéroports et ports doivent être sérieusement renforcés.

 

8   Nous demandons que les commerçants soient impliqués dans le processus de récupération et de recyclage, de tous les matériels encombrants et/ou polluants  (dont électroménagers, électroniques etc.) qu'ils importent et commercialisent  

Êtes-vous favorable à la mise en place de cette disposition désormais applicable en Europe ?

Oui. Pour le matériel susceptible d'être prise en charge (électronique, batteries, etc.) dans le cadre du traitement des déchets en Polynésie et en s'assurant d'une équité de traitement pour les commerçants. Celle-ci doit être un devoir mais pas une charge pour lui car il s'agit aussi d'une problématique de la Communauté  (les consommateurs) dans son ensemble.



9   Nous demandons l'application intégrale et stricte de la réglementation concernant les terrassements, les extractions et les remblais (sans passe-droit ni « régularisation »), notamment celle de l'art D 100-3 du code de l'aménagement   

Vous engagez-vous à donner les moyens nécessaires aux services en charge de ce contrôle ?

Oui. Par des exigences poussées des dossiers a priori, et un contrôle accru a posteriori.

 

10 Nous demandons la mise en place d'un plan d'urgence pour éradiquer la petite fourmi de feu, ainsi qu'un programme concret et suivi de lutte biologique contre les autres fléaux de l'agriculture polynésienne

Vous engagez-vous à faire une priorité  de ces problématiques ?

Oui sur la nécessité de prendre en compte sérieusement ce fléau mais Non sur la formulation. Le terme de priorité n'est pas juste. Il doit être intégré au même titre que les autres fléaux qui touchent notre société, en posant clairement les problématiques, les enjeux et les impacts sur les autres secteurs de la société (agriculture, tourisme, économie, etc.). Cependant, il est clair que les moyens mis à disposition actuellement pour lutter contre ces pestes sont clairement insuffisants.

 

11 Nous demandons  la mise en place, à Tahiti, d'un vrai service public de transports en commun, écologique, sécuritaire et régulier, pour faire cesser la saturation polluante du réseau routier     

Vous engagez-vous à proposer un plan sur le long terme ?

Oui. A travers un système de tramway en site propre (une voie réservée de Outumaoro au Camp d'Arue), le tout desservi par des navettes de vallées et de crêtes et associé à des parkings à l'entrée et dans la ville, ainsi que des navettes lagonaires. Redonner toute la place également aux piétons et aux vélos en zone urbaine. Le principe de transport écologique doit être mis en place progressivement. Il s'agit effectivement d'un plan sur le long terme mais des aménagements avec des effets significatifs sur la mobilité sont prévus sous 4 ans.

 

12 Il existe des systèmes de traitement des déchets non polluants, réduisant leur volume de plus de 90% et produisant de l'énergie. Nous demandons leur mise en place ainsi que celle de banaliseurs pour les déchets hospitaliers
     Vous engagez-vous à examiner et à promouvoir ces solutions économiquement viables et écologiquement acceptables ?

À considérer suivant la situation (pyrolyse) et Oui (banaliseurs déchets hospitaliers). Le principe de la pyrolyse est intéressant mais il ôte de son intérêt au tri (ne serait-ce que son intérêt pédagogique) et son coût doit être bien estimé dans nos conditions polynésiennes. Il peut-être  intéressant cependant en site isolé (une île) si le volume à traiter s'avérait adapté.

 

13 À titre d'exemple, nous demandons la généralisation des chauffe-eau solaires et  des ampoules à basse consommation dans les futures constructions, en premier lieu son obligation dans les programmes de lotissements sociaux et de l'administration.      

En prémices à une politique volontariste de développement "écologiquement maîtrisé" de l'habitat, y êtes-vous favorable ?

Oui. Ce sont des mesures très simples à mettre en place et énergétiquement "évidentes" (dans le sens où ces mesures devraient être en place depuis bien longtemps).

 

14 Nous demandons aux pouvoirs publics de favoriser par tous moyens (financiers, fiscaux, etc.) le développement  d'alternatives à notre dépendance pétrolière actuelle, qui est économiquement et écologiquement dangereuse     

Est-ce une priorité de la politique énergétique que vous voulez mettre en place ?

Oui. En particulier fixer des prix de rachat des énergies alternatives par le délégataire : les entrepreneurs et les investisseurs doivent avoir une vision claire pour développer tout type de projet dans ce secteur. Sinon, rien ne pourra jamais émerger (et ce sont pourtant les conditions actuelles, preuve que les Gouvernements précédents n'ont pas tant à cœur que ça de développer notre Pays. Rappelons que le secteur des énergies renouvelables est un fort pourvoyeur d'emplois).

 

15 A l'instar des dispositions prises aux Antilles, nous demandons la mise en place en Polynésie française d'un organisme d'analyse et  de contrôle assurant une sécurité constante, et régulièrement vérifiable, des produits alimentaires

Êtes-vous décidés à prendre au sérieux la menace des pesticides sur la santé des populations et de l'environnement ?

Oui. Le rôle du SDR doit être renforcé dans ce domaine en s'appuyant sur des laboratoires de contrôle, si possible locaux. Cependant, il est à préciser que nous ne sommes pas dans les conditions des Antilles : notre situation sanitaire dans ce domaine est moyen (donc améliorable) mais pas catastrophique.

 

16 La FAO vient de reconnaître l'agriculture biologique comme un gage de sécurité alimentaire, quantitativement et qualitativement. Nous demandons l'institutionnalisation en Polynésie française de cette filière agronomique    

Contribuerez-vous à promouvoir les textes ad hoc ainsi qu'à encourager et faciliter leur application ?

Oui. Mais pas sa généralisation. Cela reste un choix de l'agriculteur car toutes les terres ne sont plus propices à l'agriculture "bio". Les produits doivent être clairement identifiables, voire labellisés.



17 Nous demandons que soient favorisées (détaxation, aides, fiscalité...) les filières d'emplois participant à la préservation et à la mise en valeur de notre patrimoine naturel et culturel

Mettrez-vous en place les moyens législatifs, fiscaux et financiers nécessaires ?

Oui. Dans la limite des budgets disponibles. Il est à noter par ailleurs que des sources de financement des associations existent déjà. Par exemple, l'utilité publique reconnue permet de disposer de dons d'entreprises qu'elles peuvent intégrer dans leurs charges à hauteur de 1‰ de leur chiffre d'affaire. Compte tenu de l'importance des effets du tissu associatif, ces dispositifs pourront être amplifiés. Des dispositifs adaptés permettront aussi de pallier aux difficultés posées par le nouveau statut de la Polynésie française qui, sans les empêcher, rend bien plus difficile les actes de subventionnement.

 

18 La sagesse populaire dit "Matarii raro te tau no te toperaa tumu", aussi les administrations devraient donner l'exemple. Nous demandons que cesse l'élagage des arbres du domaine public, en plein bourgeonnement en période de Matarii Ni'a

Souhaitez-vous promouvoir une harmonisation des activités humaines avec l'environnement naturel du fenua ?

Oui sur le principe, mais l'exemple donné est anecdotique. Il y a bien des domaines où cette harmonisation est plus cruciale.

 

19 Certains sites culturels doivent être inscrits sur la liste des sites classés afin de bénéficier d'une reconnaissance et d'une protection du Pays. Nous demandons ( par exemple) l'inscription du promontoire de Tataa (à Tahiti) et d'autres sites sacrés du fenua sur cette liste.

Sous votre gouvernance, ce type de demande "culturelle" en conflit avec des intérêts privés sera-t-il néanmoins soutenu ?

Oui sur l'importance des sites culturels et la nécessité d'en assurer la préservation mais Non sur la formulation. On ne peut avoir systématiquement ce type d'approche basique. Il est nécessaire de mettre à plat ce que souhaite la Communauté pour son avenir, dans le cadre d'un objectif partagé de développement durable. Il reste que les sites culturels sont irremplaçables et que des aménagements peuvent bouleverser à jamais ces traces de notre passé : ce sont donc des contraintes fortes pour tout aménagement et il paraît difficile d'y valider l'installation de structures qui pourraient tout à fait être installées ailleurs.

 

20 Soutiendrez-vous les démarches en cours pour que toute la lumière soit faite ( et que l'information soit rendue publique) en ce qui concerne la contamination radioactive due aux essais nucléaires du CEP ainsi que leurs conséquences sanitaires ?

Êtes-vous pour la levée de la "loi du silence" en la matière ?

Oui. Il est également essentiel que l'État reconnaisse et assume en toute transparence ces conséquences sanitaires.
 
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