
Au
nom de No Oe E Te Nunaa, je souhaite adresser mes remerciements en
premier lieu à l'ensemble des électeurs qui se sont
déplacés le 27 janvier dernier mais aussi mes
remerciements les plus chaleureux à tous ceux qui nous ont
apporté leur soutien lors du premier tour de ces élections
aux Marquises, aux Iles-Sous-Le-Vent et aux Iles-Du-Vent.
Je
suis fière des résultats que nous avons réalisés.
Sans
tribune institutionnelle, sans siège à l'Assemblée
depuis août 2006, No Oe E Te Nunaa devient la 4ème
force politique du Pays avec près de 7000 électeurs
polynésiens qui lui ont apporté leur confiance.
Merci
à chacun d'entre vous pour cette confiance que vous nous
avez accordée.
Notre
implantation s'est renforcée dans les Iles-Du-Vent et
No Oe
E Te Nunaa s'est développé dans les Iles-Sous-Le-Vent
et aux Marquises ; deux listes nouvelles en politique qui font
un résultat remarquable pour leur première
participation électorale en atteignant le seuil de
remboursement des frais de campagne.
Qu'ont
dit les urnes dans le cadre de ce 1er tour ?
Une
majorité d'électeurs a voté avant tout pour la
stabilité en soutenant To Tatou Ai'a voyant dans cette
coalition une garantie pour l'avenir.
Avec
6,6% des suffrages exprimés soit 5879 voix sur les
Iles-Du-Vent, la nouvelle loi électorale nous donnait la
possibilité de fusionner avec une liste présente au 2nd
tour.
Nous
avons joué la transparence comme annoncée lors de notre
campagne électorale.
Pour
cela, nous avons rencontré après ce 1er
tour les leaders des forces présentes au 2nd tour :
Tahoeraa, To Tatou Ai'a et UPLD. Une rencontre pour recueillir leur
analyse du scrutin et leur avis sur les perspectives qui s'offrent
à la Polynésie.
Oscar
Temaru ne voit pas de majorité absolue se dégager et
prévoit que l'instabilité va durer.
Ce
n'est pas en changeant de gouvernement comme il vient de le faire
que les choses s'arrangeront... Il semble s'agir plus d'un coup
médiatique que d'une démarche sincère.
Nous
avons rencontré Gaston Flosse à sa demande qui nous a
proposé les 4° et 7° places en position éligible
sur sa liste orange. Nous avons refusé car leur proposition
revenait à siéger à l'Assemblée de
Polynésie au sein de l'opposition sans qu'une majorité
stable ne se dégage. Bref, un ticket pour l'inconnu. Par
ailleurs, nous ne pouvions pas cautionner la gestion plus
qu'hasardeuse des fonds publics par le Tahoeraa que No Oe E Te
Nunaa dénonce depuis longtemps !
Un
appel troublant du secrétaire d'État à
l'outre-mer.
Tôt
lundi matin, le secrétaire d'État à
l'outre-mer Christian Estrosi m'a appelé pour nous
féliciter de nos résultats tout en m'invitant
à rejoindre To Tatou Ai'a. J'ai été quelque
peu troublée par cet appel qui m'a rappelé un autre
appel ; celui d'un autre ministre de l'outre-mer, Mme
Girardin, qui avait tenté de peser sur Philip Schylle pour
qu'il rejoigne le Tahoeraa afin de composer une majorité
orange. Malheureusement, rien ne semble avoir changé !
Monsieur Estrosi s'immisce donc dan
s la politique locale alors
qu'il s'en défend depuis des mois. N'est-il pas temps
pour les représentants de l'État de laisser de côté
les actions partisanes afin que cet État retrouve sa
neutralité dont il ne devrait jamais se départir ?
À
écouter le ministre, j'aurais commis « une erreur
personnelle » en refusant de siéger à
l'Assemblée aux côtés de To Tatou Ai'a. Mais
Mr Estrosi semblait ignorer que To Tatou Ai'a n'était pas
du tout prêt à intégrer No Oe E Te Nunaa dans sa
liste, ni dans un futur gouvernement. De quel droit me donne-t-il des
leçons de politique ?
Pour
notre part, nous n'avions pas la prétention de réclamer
quoique ce soit. Notre parcours jusqu'à présent a
démontré que nous ne faisons pas la course aux sièges
ou aux postes ministériels.
Sinon,
nous aurions pu être de toutes les alliances, de tous les
gouvernements et devenir des professionnels de l'opportunisme
politique.
Ce
que nous voulons avant tout c'est, comme les électeurs, le
retour de la stabilité pour notre pays qui en a tant besoin.
Mais ce que nous voulons aussi très fortement, c'est la
rupt
ure avec les pratiques politiciennes peu reluisantes qui ont fait
la honte de notre pays ces dernières années. Voilà
ce qui m'anime !
Double
langage de Gaston Tong Sang.
Quant
à Gaston Tong Sang, il m'a appelée à la suite
du secrétaire d'Etat. Contrairement à ce qu'il
affirme dans les médias, il nous a dit qu'il serait
miraculeux pour To Tatou Ai'a d'obtenir une majorité
absolue au 2 nd tour ! En cela, nous partageons son
analyse puisqu'il faudrait qu'ils obtiennent entre 20 000 et
22 000 voix supplémentaires pour obtenir les 8 sièges
manquants à sa coalition.
Pour
lui, cette rencontre n'était que pure formalité me
demandant d'appeler les électeurs qui ont soutenu No
Oe E Te Nunaa à soutenir To Tatou Ai'a. Par ailleurs, et si
on le souhaitait, des cadres de No Oe E Te Nunaa pourraient
participer à des projets du gouvernement car il ne faudrait
pas laisser leurs compétences inutilisées !
Ainsi,
aucune proposition de fusion n'a été évoqué
par le chef de file de To Tatou Ai'a.
Gaston
Tong Sang prévoit au pire de gouverner avec une majorité
relative et, au mieux, de négocier avec le Tahoeraa Huiraatira
après la fin des élections. C'est donc bien
l'instabilité une nouvelle fois qui semble sortir vainqueur
du scrutin avec une coalition gouvernementale à 8 ou 9 têtes.
Le
Pays risque de se retrouver dans la même situation
qu'auparavant.
C'est pourquoi, nous avons pris l'initiative de
proposer une solution afin de sortir de l'instabilité qui
semble se dessiner de nouveau en proposant à Gaston Tong Sang
de réunir autour de la même table tous les représentants
autonomistes dont le Tahoeraa afin de constituer un bloc de
stabilité.
Il
a refusé tout net notre proposition : une fois de
plus, les décisions se prendront en dehors de la volonté
des électeurs. Il y aura donc un 3ème
tour qui se passera après les élections.
Celui
qui devait se montrer le plus ouvert a finalement été
le plus fermé.
Je
prends donc la population à témoin ! Tous les
responsables politiques font le même constat :
il y a
peu de chance qu'une stabilité se dégage après
ce 2 nd tour et dans le même temps, Gaston Tong Sang
refuse les solutions qui auraient permis un consensus.
C'est
pourquoi dans la soirée du lundi 28 janvier, après
débat contradictoire et vote démocratique au sein des
instances décisionnelles de No Oe E Te Nunaa, nous avons
décidé de laisser la liberté de vote aux
électeurs dont les voix se sont portées sur nos listes.
Personne n'est en effet propriétaire des suffrages.
Pour
finir et contrairement à ce qu'affirment certains esprits
chagrins, No Oe E Te Nunaa ne reste pas sur le quai. Nous continuons
à agir sur le terrain, à rencontrer la population pour
écouter leurs préoccupations, pour faire partager nos
valeurs. Nous continuons à affirmer notre présence dans
le paysage politique de notre pays en participant aux débats
politiques, aux débats de société, aux débats
d'idées, en étant toujours une force de proposition.
L'avenir
est devant nous plus que jamais. L'avenir ce sont aussi d'autres
rendez-vous électoraux d'autres occasions d'oeuvrer au
service des citoyens.
Nicole
BOUTEAU
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